Vie de maman

Le déménagement

Je n’avais pas le cœur à l’ouvrage, il était lourd et au bord de mes yeux. Pourtant je suis restée méthodique et concentrée. C’était le chaos dans ma tête et il fallait alors que mes gestes soient rapides et ordonnés, pour en finir au plus vite…
J’ai bourré les cartons, comme si je remplissais au fur et à mesure mon cœur trop vide, comme le fut petit à petit chaque pièce de la maison. Vide et sans vie.

« Mon cœur ressemble à Tchernobyl et ma vie a Hiroshima. » tournait en boucle dans ma tête.

Dire A dieu à mon ancienne vie et quitter notre foyer, accepter l’inconnu. Recommencer.

Toutes nos existences dans des cartons, des sacs poubelles et des poches intermarché.

Le camion ne déménagement ressemblait à un jeu de Tétris.

Puis le moment fatidique est arrivé. J’ai fermé les volets, éteint les interrupteurs, en revoyant tous les souvenirs danser devant moi.

Les travaux avant d’aménager, l’annonce de la grossesse, les peintures alors que mon bidon prenait de plus en plus de place, mon fils qui découvre sa chambre, les amis autour de l’îlot de la cuisine pour notre crémaillère, les bains qui n’en finissent pas juste pour rire encore en s’arrosant, le repas de Noël en famille dans la salle à manger, la perte des eaux dans le salon, le retour à la maison avec ma fille, les éclats de rire, les rencontres, les larmes, le déchirement.

Cette maison avait une âme : la nôtre. L’âme des premières fois. Toutes ces choses qu’ont vues les murs qui étaient les nôtres. Tous ces souvenirs d’une famille aujourd’hui éclatée.

C’était il y a plusieurs semaines et aujourd’hui un nouveau foyer accueille le nous moins un. Des nouveaux souvenirs, un passé toujours présent mais qu’on apprend à ranger tranquillement pour vivre plus sereins. Tout se reconstruit petit à petit, chaque chose et chaque personne trouve sa place, les sourires remplacent les larmes et une nouvelle vie nous ouvre les bras.

Parce que l’être humain est formidablement adaptable, parce que nous sommes tous remplis de ressources insoupçonnées, parce que oui, c’est vrai que ce qui ne tue pas rend plus fort, alors c’est pleine d’espoir que je continue ma route.

Je n’oublie pas, je vis avec…mais je vis.

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