La bonne poire qui ne savait pas dire non

Aussi loin que je me souvienne, je n’ai jamais su dire « non ». Alors peut-être, pendant mon terrible two, ai-je été une machine à « non », il faudrait que je me renseigne. Mais ce temps là est clairement révolu, et depuis longtemps.

Je suis ce que ma sœur appelle « une bonne poire ».

J’ai beau avoir un caractère bien trempé, qui devrait faire que je ne me laisse pas marcher sur les pieds, et bien…ça dépend. Je peux tout envoyer péter en 2/2 parce que ça me saoule, ou devenir hystérique quand on touche à une cause qui m’est chère ou à mes proches, mais quand on me demande quelque chose, j’ai beaucoup de mal à dire « non ».

Alors que parfois, bon sang, je n’ai vraiment pas envie de faire ce qu’on me demande…

« Tu peux m’héberger de septembre à août?
– Oui.

Tu peux venir me chercher et me ramener dans la journée alors que je suis à 300km de chez toi?
– Oui.

Tu peux te jeter d’un pont c’est pour une expérience, c’est super important pour moi ?
– Euh oui…

Je peux te tarter violemment ?
– Oui . »

Et c’est tout comme ça. J’ai un grain des fois je te jure. C’est tellement simple ces trois petites lettres, aussi simple qu’un « oui ». Mais je n’y arrive pas bourdaïl, c’est plus fort que moi !!! Le pire c’est que j’arrive parfois à l’accompagner d’un petit « bien sûr » ou « avec plaisir » qui viennent se poser là. POURTANT JE NE VEUX PAS ÊTRE GENTILLEUH.

Mais je n’aime pas le conflit, je n’aime pas blesser les gens. Alors que c’est assez paradoxal parce que quand je suis au cœur du conflit je peux très vite faire tout péter, à grand renfort de « je te jette des objets à travers la tronche » et « je hurle comme si je me faisais enlever par des FARC ». Quand je suis énervée je fais rarement, que dis-je : JAMAIS, semblant.
Mais dire « non » c’est super dur. Ou mieux « j’ai pas envie ». Han ça serait tellement bien de pouvoir dire ça de manière naturelle et que personne ne se vexe !
Et pourtant je m’entraîne, je suis franche dans la vie et je n’ai aucun mal à dire ce que je pense aux/des gens, donc le « non » devrait aller avec tu vois. Mais il ne veut pas sortir ! Il se transforme irrémédiablement en un timide « oui », un peu moins enjoué qu’il ne devrait l’être.
Et à peine l’ai-je prononcé que je me déteste, je cri « nooooon » dans ma tête (tu sais le « NOOAANNN » robotique au ralenti dans les films), j’ai envie de me mettre une droite dans ces moments là.

Pourquoi? Pourquoi je n’arrive pas à le sortir ? Quitte à vexer les gens, après tout ça ne serait pas la première fois. Alors pourquoi ?

Parce que je suis une bonne poire, voilà, ma sœur à (encore) raison. Tout ça est tout à fait en corrélation avec mon côté aimant des âmes tourmentées. Le pire c’est que je sais que parfois les gens en ont profité et abusé. Bien plus qu’ils ne l’auraient dû.

Je suis, cependant, en route vers le « non ». J’ai fait un énorme travail sur moi pour dire « non » à Bébé Chouquette. Il était hors de question que je laisse tout passer nanmého. Du coup le « non » a débarqué en force, surtout depuis qu’il marche et qu’il expérimente tout un tas de choses dangereuses. J’arrive à faire face à sa surprise, à sa mine frustrée, parfois à ses larmes… Sans pleurer moi-même. C’est bien hein ?

Alors peut-être que bientôt j’arriverai à le dire aux autres…

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Source image: Tida

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