Je ne pleure pas le vendredi soir…

En vérité je ne pleure « plus » le vendredi soir. J’ai mis en place toute une série de techniques, qui s’apparentent toutes, de près ou de loin, à du déni. 

Je fais comme s’ils ne partaient que pour quelques heures en promenade, comme si la voiture noire allait faire demi-tour à un moment donné, je range la maison comme s’ils allaient rentrer d’une minute à l’autre et je débranche deux câbles dans mon cerveau pour ne plus penser. Je range la maison en évitant soigneusement leurs chambres vides, je passe des coups de fil, je m’abrutis devant des émissions de télé réalité et je retrouve des amis en attendant mon amoureux.

Ces vendredis soirs là je ne pleure plus…

Mais ils sont suivis par les samedis matin. Ces matins où je m’éveille et je réalise. Je n’ai pas de biberon à préparer, pas de céréales à verser dans un bol, pas de sourires enjoués, pas de petits cous à sniffer. 

J’ai plein de temps pour moi à apprécier, de temps de sommeil en bonus et pourtant ils me manquent. Le paradoxe de la mère…

Plus d’un an après, je devrais avoir l’habitude mais j’ai toujours du mal à la prendre. Alors je recharge les batteries, je profite de ces rares instants où nous sommes seuls avec mon Chat et je me ressource pour être au top pour les dimanches soirs de retrouvailles.

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Les pissenlits

Mon grand.

Aujourd’hui, je t’ai appris à souffler sur les pissenlits. Je t’ai expliqué qu’on pouvait faire un vœu. Tu as demandé un maillot de bain violet, pour aller à la plage avec ta soeur, avec lui et avec moi. Puis tu m’as dit :

« Tu as vu maman ? Je suis content ! »


Et c’est vrai. Tu es content. Parce que tu ne sais pas encore dire que tu es heureux. Mais tu l’es. 

Du haut de tes 3 ans, tu as vécu tellement de choses en moins d’un an. Des petits changements et des gros bouleversements. Ça a été dur. Pour toi, pour nous. Tu as parfois manifesté ton mal-être avec des larmes, des craintes, des cris et des milliers de questions. Et tu as eu raison. 

Mais tu es heureux. 

Je t’ai regardé souffler sur les pissenlits. Je t’ai vu montrer à ta soeur comment faire. Je l’ai observée manger les pissenlits…

J’aurais pu rester là des heures. Toi qui ris aux éclats devant ta petite soeur qui t’imite maladroitement. Elle qui t’admire avec ses yeux immenses, toi, le premier homme de sa vie.

Vous. 


Mes deux amours qui font du chemin. Votre complicité, vos regards, vos câlins. 

Si tu savais comme je suis fière de toi quand je te vois t’occuper d’elle. Quand je te sens lâcher ma main pour filer avec tes copains à l’école. Quand je t’entends t’inquiéter pour les autres et leur demander s’ils vont bien et leur prêter ton Doudou. 

Si tu savais comme je t’aime… Comme je vous aime ta soeur et toi. 

Les 10 avantages du célibat

Ouais ouais ok, concrètement être célibataire c’est quand même un peu pérave hein.

Tu te cailles la nuit, tu n’as personne avec qui te disputer (et te réconcilier hehe), tu te couches seul(e) le soir et c’est la grosse loose. (Heureusement il y a Tinder !  Quoi ?)

Je réfléchissais ce soir et je me disais qu’en fait ça a aussi pas mal d’avantages, en voici une liste non exhaustive.

– Tu as la couette pour toi tout(e) seul(e) et ça c’est le gros gros kiff !!!! Tu peux t’enrouler dedans tel un burrito géant, personne ne viendra te casser les pieds !

– Personne ne vient te coller ses pieds gelés et poilus contre les mollets ! Ce truc atroce que tu détestes et qui te refroidit en 2’2. Tu n’as rien dit pendant des années parce que c’était presque mignon, mais NON ! Stop au dictat des pieds gelés !

– Tu n’es même pas obligé(e) de partager la Ben & Jerry’s ! Perso c’est le plus gros point positif que j’y vois. Tu peux t’attaquer le pot et le finir si tu veux, tu n’es pas obligé(e) de laisser des boules de cookies pour ta moitié ! Mes deux meilleurs amants ce sont eux : Ben et Jerry.

– Tu peux choisir le film que tu veux ! Libre à toi de t’enfiler à la chaîne des films qui font pleurer ou de visionner Dirty Dancing tous les week-ends, tu n’es plus contraint(e) de te taper des films d’action sans queue ni tête une fois sur deux et de faire semblant d’aimer ça… Le film… Pas la queue. Suis un peu !

– Tu peux manger de la pizza 6 fois de suite si tu en as envie, et personne ne pourra te le reprocher (sauf ton cholestérol). Ça marche aussi avec les Mc Do… Tu vois moi ce soir c’est un pot de glace et une bière, mais qui va trouver quelque chose à redire à part mes artères hein ? (Maman si tu me lis, remplace bière par Perrier et glace par salade).

– Tu peux draguer qui tu veux (oh wait… Ya pas des gens en couples qui le font aussi ça ?) Libre à toi de vivre une vie de débauche sans te soucier des lendemains, tu es liiiiibre ! (Et certainement inscrit(e) sur au moins un site de rencontres : rassure-toi c’est normal).

– Tu peux revoir Brenda ! Mais si tu sais cette copine que tu ne voyais plus trop parce qu’elle n’avait pas d’atomes crochus avec ton ex ? (Bon ok ils ne pouvaient pas se blairer et une fois elle lui a jeté une boule de pétanque à la figure). Tu peux aller enflammer le dancefloor avec elle anytime et en bonus, tu pourras critiquer ton ex avec elle toute la soirée si ça te chante.

– Tu peux reconnaitre sans honte que tu écoutes de la musique de marde et mettre Keen´V à fond quand tu prends ta douche, sans craindre d’écorcher les oreilles de quiconque et sans qu’on ne t’affirme que « les copains d’abord »et « à l’horizontale » ne sont pas compatibles.

– Tu peux avoir des comportements qui tuent l’amour, des comportements odieux et carrément sales, tellement innommables que je ne les citerai pas… Enfin si en fait, pour être claire tu ne seras plus obligée (comme ma copine S.B) de feindre que c’est ton voisin de trottoir (ce gros degolasse) qui dégage ces odeurs indélicates ! Non ! Tu peux assumer doréna-vent !

– Tu peux arrêter de t’épiler…ou pas…

Et toi, tu en as d’autres avantages à partager ? (Jamais tu ne dresseras la liste des inconvénients, tu m’entends, JAMAIS)

La vie

Des jours et des semaines que je croise cette maman tous les matins en amenant mon fils à l’école. 

Chaque matin c’est le même rituel, on se regarde en souriant, on se salue. Je sais que je l’ai déjà vue. Et tous les jours ça me prend aux tripes en la voyant sans que je ne sâche pourquoi. Je me sens proche d’elle, j’ai l’impression de la connaître intimement sans arriver à expliquer ce sentiment.

Puis ça m’est revenu. Un flash, des souvenirs, des larmes. J’ai senti une vive émotion m’envahir parce que cette maman a vécu la même chose que moi, voilà un peu plus de 2 ans, en 2013.

Je les ai cotoyés, elle, son mari et leur peine, en service de néonatalogie. 

Cette maman a eu un bébé funambule, un bébé né trop tôt, comme le notre. Elle a vécu la prématurité, l’angoisse pour sa fille, la même que j’ai pu ressentir pour mon enfant. 

Je savais qu’elle me reconnaissait aussi mais j’ignorais si elle avait fait le lien avant moi sur le lieu de notre précédente rencontre. Alors un jour je suis allée lui parler, lui dire que son visage était gravé dans ma mémoire parce que nous vivions des choses similaires à ce moment là. 

Et puis il y a tout ce que je ne lui ai pas dit. Pas encore. Mais que j’aimerais lui dire. 

Quand on vit ce genre d’événement, on se raccroche à ce qu’on peut. Même quand on est tiré d’affaire, on a peur. J’étais rassurée de voir les mêmes parents qui circulaient dans les couloirs, parce que je savais que s’ils étaient là, leur bébé vivait, comme le mien. Tout comme j’étais rassurée d’en voir partir en souriant chaque jour, avec leur presque nouveau né dans leur nacelle. J’attendais mon tour. 

Et les destins de nos deux enfants se croisent à nouveau. Dans une ville pourtant loin de leur lieu de naissance, dans la même école et dans la même classe. 

La petite fille saute sur mon fils tous les matins, elle le prend dans ses bras et le tient par la main comme si elle le connaissait depuis toujours. Et c’est le cas. Ils ont vécu quelques semaines au même endroit à leur naissance. Dans cet endroit plein de bips, de gens en blouses, de stress mais aussi de grands bonheurs. Pas le meilleur endroit pour commencer dans la vie. C’est plus froid que les bras de maman et pas aussi rassurant que d’être contre son coeur.

Mais c’est le début dans la vie de miliers de petits êtres et nos deux battants sont réunis aujourd’hui. 

La vie.