Maman est une sirène

Depuis 5 semaines maintenant, je suis une sirène, pour la première fois.

Ou commenr je vis ma 3e expérience d’allaitement bien accompagnée… 

FLASH BACK

Pour mon aîné, j’ai passé deux semaines à tire-allaiter car mon Poupou était né prématuré et se trouvait en unité de néonatalogie alimenté par sonde. Lorsque nous sommes sortis j’ai naturellement continué à tirer mon lait et j’ai choisi de l’offrir au lactarium de Bordeaux pour les bébés prématurés. Mon expérience de l’allaitement s’est malheureusement terminée trop vite, en raison de traitements médicaux et des mauvais conseils que j’ai pu recevoir de la part de mon professionnel de santé de l’époque. 

Pour ma fille, j’ai vécu un super allaitement. j’avais davantage confiance en moi, je me suis écoutée. J’ai vécu une magnifique tétée d’accueil avec elle et tout s’est mis en place très facilement. J’ai commencé à tirer mon lait plus tardivement, pour pouvoir faire garder ma toute petite de temps en temps, puis plus régulièrement quand j’ai repris le travail. Mon allaitement a pris fin quelques semaines après les premiers week-end de garde, le fait de ne plus avoir ma fille auprès de moi certains weekend m’a bloquée et petit à petit les tétées du retour sont devenues compliquées. 

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AUJOURD’HUI AVEC ALBUS

Pour ce troisième allaitement, je me sens totalement libérée. Je n’ai suivi absolument aucun conseils délivrés par des professionnels ou non. Notre tout petit n’étant pas né sous les meilleurs auspices, nous avons été séparés à la naissance. Pas de tétée d’accueil, un peau à peau tardif et pourtant du lait dès la sortie de la césarienne. J’ai repris le tire-allaitement sans me poser de question. Je savais faire. Et l’équipe soignante m’a fait confiance aussi. Je suis tombée sur des personnes qui m’ont soutenue, qui ont m’ont facilité l’accès à des équipements adaptés, et tout cela a permis qu’Albus puisse recevoir mon lait dans les différents services où il s’est trouvé. Puis nous avons pu enchaîner avec un allaitement classique, que je combine toujours avec l’utilisation du tire-lait en prévision de la reprise du travail. Les positions d’allaitement sont complètement freestyle, mon petit tigre rampe pour accéder au garde manger, ses instincts me fascinent. 

MES ATOUTS DE SIRÈNE

J’ai trouvé des alliés de choix pour prendre soin de mes attributs : des coquillages en nacre, de chez Bébé Nacre. Ils me donnent un look de sirène et me préservent des douleurs. Vous pouvez choisir ces coquillages en fonction de la taille de votre mamelon, ils sont conçus pour éviter les crevasses et désagréments liés à l’allaitement. Et en plus ils sont beaux. Ils ont été approuvés par ma sage femme libérale et par celles des différents services où je suis passée. 

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C’est important d’avoir des petites astuces pour se sentir bien quand on est une maman. 

Et vous quelles sont vos astuces de maman ? 

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« Non je ne suis pas encore en congés maternité. »

« Non je ne suis pas encore en congés maternité. » 

Cette phrase, je pense que je la répète environ 3 à 5 fois par jour, suscitant des réactions de surprises systématiquement. La plupart du temps on me plaint. Souvent cela soulève des questionnements. 

« Mais comment ça se fait ? »

Je suis indépendante, en statut profession libérale. J’ai donc un congés maternité de 44 jours consécutifs. Seulement. Dont 15 jours à prendre obligatoirement avant la date présumée d’accouchement. 

Ce congés peut parfaitement être prolongé (pas des masses mais on peut), avec des semaines de congés pathologique en amont ou de quelques semaines après l’accouchement, en renvoyant les volets du petit carnet dédié, fourni pour les indépendants. 

Je ne me plains pas de ma condition. 

Déjà être indépendante est un choix revendiqué et assumé pour ma part. Je ne fais pas ce travail par défaut. Je n’ai pas été longtemps salariée et je ne l’ai pas supporté. J’aime énormément ma liberté. Ensuite, je trouve que nous sommes « plutôt bien » dédommagées pour ce congés. C’est pas la folie non-plus, entendons-nous bien. J’y perds clairement par rapport à ce que je gagne en temps normal puisque c’est une indemnité forfaitaire. Malgré tout, ça reste correct pour subvenir à nos besoins le temps que notre enfant arrive. 

Pourquoi je ne prends pas plus de congés alors  ?

Tout d’abord, parce que je vais bien. Il va de soi que si j’avais un quelconque problème de santé, mon travail ne serait pas une priorité. J’adore ce que je fais. J’adore mes clients et je tiens mes engagements. Je suis plus qu’épanouie dans mon travail qui est une évidence. 

Mais ma carrière ne sera jamais plus importante que ma famille et la santé de mes enfants. J’adore mes missions au quotidien et j’ai aussi choisi ce statut pour être libre et au maximum disponible pour mon conjoint et mes enfants. 

Je peux amener mes enfants à l’école tous les jours, aller les chercher presque tous les jours aussi ou à lléger mon emploi du temps pendant les vacances scolaires. Je continue de travailler quand même hein, il faut être honnête ce n’est pas facile de se faire une clientèle et il faut cravacher. Mais je change mes horaires pour être au maximum disponible, quitte à travailler plus tôt ou plus tard, ou avec eux à mes côtés. Non être indépendante n’est pas reposant.

Ensuite, parce que sinon je perdrais mes clients. Il ne faut pas rêver, même s’ils sont adorables, même si humainement c’est génial, le business reste leur priorité. Donc si je m’arrêtais 4 mois, il me semble évident et logique qu’ils iraient voir ailleurs… mais reviendraient-ils ?

Quand on fait des démarches, qu’on prend le temps de la mise en place et enfin qu’on a de nouvelles habitudes avec une autre entreprise de communication, fait-on marche arrière si facilement ? 

Honnêtement, je n’en suis pas convaincue. Même si j’ai fait mes preuves et que les compétences de l’agence satisfont mes clients (ils restent alors je l’espère ^^), je ne prendrais pas ce risque. 

C’est pour les mêmes raisons que l’allongement du congés maternité pour les indépendants me laisse perplexe. 

Parce que soit on trouve quelqu’un de confiance pour prendre le relais (en étant sûre et certaine que cette personne ne récupérera pas notre clientèle un jour ou l’autre…) soit on s’arrête le moins possible. Aucun remplacement n’est prévu comme dans une entreprise pour le congés maternité des indépendants. On ne protège pas notre clientèle en étant sûre de la retrouver à notre retour, comme on préserve un poste dans une boîte. C’est impossible. À moins d’avoir un conjoint collaborateur, qui lui aussisera coincé à un moment donné quand il prendra son congés paternité ! 

Donc, pour moi, toute cette affaire de congés maternité est clairement un non-choix… 

Et le sachiais-tu ?

Ici, comme je pense dans beaucoup de zones en France, on ne prend pas les bébés en crèche avant 2 mois 1/2. Donc aucune crèche ne veut accepter mon futur petit… 

Donc mes enfants sont ma priorité mais si je veux continuer à m’occuper d’eux dans le même confort au quotidien le reste du temps, je fais le presque choix d’un congés maternité moins confortable. 

Je sais que je ne reprendrai pas mes fonctions avec une immense ferveur début janvier. Je sais que je vais me dire « c’était trop court ». Je vais sûrement pleurer quand je quitterai la maison. Je vais allaiter mon 3ème enfant et je sais donc aussi que cela va imposer une organisation… pour le moins complexe. Mais peu importe. 

En contre-partie je gère mon emploi du temps. Et ça me rassure.

Je sais donc que je pourrai être auprès de mon bébé au maximum puisque je travaille en grande partie à la maison et que c’est mon conjoint qui prendra un congés paternité, pour profiter de son bébé et nous éviter les tracas de mode de garde. 

Voilà donc pourquoi je ne suis pas encore en arrêt. 

Et chez vous ? Le congés maternité vous a semblé trop court ?

Grandir

Le temps passe et tu grandis, mon petit grand. Tes traits de caractère s’affirment, d’autres disparaissent pour laisser place à de nouveaux. Il t’est souvent difficile de trouver ta place, ta petite sœur en prend tellement.

Tu es un petit garçon sensible, tellement aimant et empathique. Je suis si fière de toi et de ce que tu deviens. Parfois dans tes yeux, je vois les questions que tu te poses dans ta tête. « Ma tête est grosse parce que j’ai plein de rêves dedans » tu m’as dit un jour. Des rêves, des interrogations et aussi tellement d’angoisses parfois.

J’imagine souvent l’homme que tu pourrais devenir, je l’entrevois dans les décisions que tu prends. Tes décisions pleines d’altruisme. Comme quand tu as insisté pour inviter à ton anniversaire ce petit garçon de ta classe « parce que personne ne l’invite jamais » ou quand tu décides de m’aider à porter les courses « parce que c’est trop lourd pour toi avec le bébé » ou quand tu rassures ta sœur « parce qu’elle est petite encore ».

Tu es tellement surprenant. En avril, nous avons fêté tes 5 ans. Tu as voulu une décoration anniversaire scientifique. Tu t’intéresses parfois à des sujets étonnants, comme la distance de la terre au soleil, le nombre d’espèces d’insectes qui existent, la formation des nuages… et tu t’amuses à trouver des formes rigolotes dans le ciel. Mon rêveur.

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Je suis pleine d’admiration pour toi et tu ne vois même pas à quel point tu es formidable mon fils. Je voudrais que tu puisses te voir à travers mes yeux. Que tu aies confiance en toi. Que tu cesses de te comparer aux copains, à ta sœur, aux enfants que l’on croise.

L’année touche à sa fin et tu as peur de passer en grande section à cause du grand réfectoire de la cantine qui t’effraie tant. Mais tu as aussi hâte parce que quand tu sauras lire, tu pourras piquer les Harry Potter de la bibliothèque.

Moi j’ai hâte de t’accompagner dans cette nouvelle aventure.

I have a dream

Je ne vais pas parler de politique sur ce blog même si la déception est grande pour moi. J’ai des convictions, des attentes et je crois profondément en l’humanité. L’Humain est bon. Quel qu’il soit. Du moins c’est ce que je crois et que je continuerai de croire malgré tout. Comme le petit prince je ne détesterai pas toutes les roses parce qu’une seule m’a piquée.
Je fais quand même un bilan ces temps-ci. En parallèle de nos voyages avec Gros Chat. 
Nous avons vadrouillé un petit peu. En 1 an et demi nous sommes allés en Hollande, en Belgique, en Espagne et en Angleterre (et c’est pas fini, je t’écris actuellement depuis l’auberge de jeunesse dans laquelle nous logeons à Londres-je ne m’ennuie pas je te rassure, on fait une pause dans leurs fauteuils trop confortables regarde).Lors de toutes nos escapades nous avons été fascinés par la bonté des gens. 

À Amsterdam, les chauffeurs de tram nous indiquaient où descendre et prenaient le temps de nous expliquer comment nous rendre à tel ou tel endroit. 

En Espagne, les gérants du camping nous ont aidé à faire le tour des lieux et à fouiller un peu partout parce que j’avais perdu ma montre. 

À Bruxelles, notre hôte air bnb a été formidable de conseils sur les lieux incontournables. Il nous a notamment conseillé une brasserie qui est devenu notre QG et où les serveurs sont venus à plusieurs reprise discuter avec nous. Nous avons parlé de notre région, de notre voyage, comme si nous étions de vieux amis. 

À Liverpool, nous voyant perdus, un monsieur s’est arrêté pour nous aider à trouver notre route. J’ai vu des supporters en rang d’oignons, tous mélangés, attendre sagement le bus qui les ramenait en centre ville. Pas de bousculades. Pas de gruge pour monter d’abord. Nous avons sympathisé et parlé football avec notre voisin de table après le match et il a déployé des trésors de patience pour se faire comprendre, articulant et trouvant des mots simples pour se mettre à notre portée.

À Londres, nous avons toujours été bien reçus à tous les endroits où nous sommes allés. Que ce soit pour le logement, la restauration ou les visites. Nous avons toujours eu autour de nous des gens qui ont eu un mot gentil, qui nous ont spontanément proposé leur aide. 

Les seules personnes irrespectueuses à l’auberge de jeunesse dans laquelle nous logeons ? Des Frenchies. Ceux qui parlent fort à 5:30 du matin et réveillent tout le monde ? Des Français (et ceux qui me connaissent savent que je parle fort, mais je suis surpassée et de loin). Ceux qui ont fait sonner leur alarme de sirène de bateau 5 fois le matin réveillant 20 personnes dans le dortoir ? Français. Ceux qui ne savent pas rester dans une file d’attente sans gruger ? Frenchies again. Je te laisse deviner qui on entend râler tout le temps partout où on va…

Les gars faut pas s’étonner d’être parmi les touristes les plus détestés ! On est infecte !  

Bien sûr on n’est pas tous comme cela ! Bien sûr je côtoie des Français géniaux, ouverts d’esprit, bons et généreux. Mais pourquoi cette réputation nous colle-t-elle à la peau ? Parce qu’en règle générale on n’est pas sympathiques, on se fou de tout. Il n’y a qu’à voir comme on est à la traîne en matière d’écologie par exemple. On s’en fou on ne trie qu’un faible pourcentage de nos déchets. Par jemenfoutisme par négligence ou par égoïsme. Et en matière de bonheur ? On est à la traîne aussi. On est nul en vivre ensemble et on ne fait que râler, ça n’aide pas, pas vrai ? 

Et si on se ressaisissait ? Si on arrêtait de regarder notre nombril ? 

Si on ouvrait un peu plus nos cœurs, si on changeait notre comportement ? Si à l’image de certains pays nous commencions à être heureux ensemble ? 

Combien de fois ai-je galéré avec ma valise dans le métro parisien sans qu’on me vienne en aide. Combien de fois ai-je vu des gens seuls garés sur des places « familles ». Combien de fois m’a-t-on pris ma place dans une file d’attente. Combien de fois ai-je eu des altercations avec des gens qui manquaient de civisme… ça me rappelle une histoire. 

Avec le Gros Chat nous étions à Bordeaux. Nous venions d’acheter un sandwich et nous cherchions une place pour nous assoir un peu. Nous repérons un banc. À une extrémité du banc, un monsieur. En plein milieu une vieille dame. Je m’avance poliment et naïvement :

« Bonjour Madame, est-ce que s’il vous plaît vous pourriez vous décaler pour que nous puissions nous assoir ensemble avec mon ami ?

– Mais enfin mais non, j’étais là avant vous ! Mais c’est pas vrai ça. J’ai pas envie de bouger j’étais tranquille !

– Je ne vous demande pas de partir juste de vous décaler un peu s’il vous plaît.

– (elle nous agresse carrément) Alors ça c’est pas banal, j’étais la avant et je ne vais pas m’assoir à côté du monsieur que je ne connais même pas ! »

Je te passe la leçon de morale du Gros Chat qui n’a pas pu s’empêcher de lui dire qu’on apprend le respect et la gentillesse aux plus jeunes mais que les anciens feraient bien d’en faire autant. 

On en est là. On ne s’assoit pas à côté d’étrangers. On reste le plus éloignés possible des autres dans le bus. On nous jette des regards désapprobateurs si on sourit parce que c’est suspect. 

Alors avec les dénouements politiques d’hier et notre vécu de ces jours-ci, on a beaucoup discuté avec Chat. Et on s’est dit que nous on ne voulait pas être comme cela. 

On continuera d’inculquer des valeurs de partage aux enfants. De cultiver nos différences et de leur faire accepter celles des autres. On continuera de croire profondément en la bonté, de developper la conscience écologique de notre famille, à aider les autres, à revenir à des choses simples, où personne n’a le dessus sur personne, où on véhicule du positif et où partager des moments ensemble sera toujours le plus important. 

Peace and green.

Charly Colibri