Le cadeau

Tous les ans c’est la même chose. On essaye de limiter les cadeaux. Pour les enfants comme pour nous. Afin d’éviter l’overdose, que les présents aient un sens, une valeur affective.

Et tous les ans, mamie ne peut pas s’empêcher de rajouter des petits cadeaux. Ils ont une valeur ceci dit, elle se donne du mal, on voit qu’elle a voulu faire plaisir. Elle a déniché LA bricole en plus qui fait briller les yeux, tricoter LE gilet adorable pour les enfants.

Et tous les ans, le fameux cadeau. Il est là au pied du sapin, je reconnais la forme.

D’avance, j’ai le sourire aux lèvres. C’est presque le symbole de Noël. Tous les ans, mamie m’offre une boîte de pâtes de fruits. Et je n’aime pas ça. Mais je ne le lui ai jamais dit. Parce qu’elle est persuadée que j’en mangerais un semi-remorque, parce que c’est devenu une tradition, parce que je sais que ça lui fait plaisir, parce que je n’ose pas le lui dire de peur de briser ce rituel de Noël.

C’est toujours la même boîte, toujours la même marque…toujours. 

Alors tous les ans, je la mets de côté. Je n’ose pas la refourguer à quelqu’un. C’est quand même un cadeau de mamie oh ! Mais je ne l’ouvre pas parce que je n’aime vraiment pas ça. Alors je garde la boîte de pâtes de fruits. Puis un jour je me décide à l’amener à l’école pour un anniversaire, à l’ouvrir au goûter quand on a du monde à la maison.

Puis je me rends compte que personne n’aime ça.

Et je me demande d’où cette idée est venue à mamie. Pourquoi elle n’a pas opté pour les Raffaello que j’aime tant, ou les Daims. C’est pour que je mange des fruits ? Avec beaucoup de sucre dedans ?

C’est notre rituel.

Je ne dirai jamais à mamie que je n’aime pas les pâtes de fruits.

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Quelqu’un qui se bat

Je me suis toujours battue dans la vie.

À l’école, je me suis battue pour avoir une place, parce que j’étais une fille et que je voulais jouer au foot dans la cour avec les garçons. Et j’ai eu raison parce que je me suis fait des copains.

Au collège, je me suis battue pour que les points de vue des autres soient entendus, pendant les conseils de classe. Et j’ai eu raison parce que ces gamins insupportables de l’époque sont pour la plupart devenus des adultes brillants.

Au lycée, je me suis battue pour que mes parents croient en moi. Et j’ai eu raison parce qu’aujourd’hui je fais ce que j’aime dans la vie, et c’est surement grâce à mon parcours.

Quand j’étais étudiante, je me suis battue pour mes idées quand les situations ne me convenaient pas. Et j’ai eu raison, parce que ça avait du sens et cela en a toujours aujourd’hui.

En grandissant, je me suis battue pour que des amitiés perdurent. Et j’ai eu raison, parce que ce sont toujours des amis et qu’ils embellissent ma vie.

Quand je suis devenue maman pour la première fois, je me suis battue pour rester auprès de mon fils et j’ai fini par obtenir de pouvoir séjourner à ses côtés. Sur un lit de camp au ras du sol qui aurait pu faire sauter les coutures de ma césarienne mais peu importait. Je me suis battue pour qu’on accepte mes choix, je me suis battue pour savoir ce que je voulais puis pour avoir ce que je voulais et ce que je méritais. Je me suis battue pour qu’on me croit quand on aurait pu douter, je me suis battue pour ne pas abandonner quand je sentais au fond de moi que je prenais la bonne décision.

Je me suis battue par amour. 

Les seules situations où j’ai lâché prise, je me suis aussi battue pour arriver le faire. Parce que je savais au fond de moi que c’était une question de bien-être et une nécessité pour avancer.

Parce que je fais partie de ceux-là. Ceux qui se font une place. Ceux qui foncent avec leurs tripes. Ceux qui y croient. Ceux qui réparent coute que coute. Ceux qui essayent encore au lieu de zapper. Ceux qui tentent tout pour sauver, améliorer et avancer. Toujours.

Il n’y a aucune de ces situations où je le regrette. Même quand parfois je me suis battue contre des moulins à vent et que c’était perdu d’avance. Je l’ai fait. J’ai toujours essayé. Parce que j’estime que cela vaut toujours la peine de se battre pour les choses auxquelles ont croit. 

Je dois paraître insupportable pour certains, cette fille un peu naïve et clairement têtue qui fonce tête baissée au lieu de réfléchir 5 minutes et de se demander si ça ne serait pas plus simple d’abandonner. Non.

Si j’avais abandonné je serais trop souvent passé à côté de ma vie. Quand au fond de ses tripes on sait déjà ce qu’on doit faire, alors on doit se battre. Pour ne jamais rien regretter.

Bienveillance et autonomie

Depuis que mes enfants sont petits, leur autonomie m’a toujours posé question. Pour l’aîné je m’y suis prise comme un manche. J’avais toujours tendance à prendre les devants et à faire à sa place. En observant les autres enfants de la crèche à l’époque je me suis rendue compte qu’ils étaient eux aussi assez « assistés » dans de nombreuses activités pourtant simples du quotidien. Par exemple mon fils mangeait seul à la maison et se faisait aider à la crèche…

Alors quand l’Agrume est arrivée, j’ai pris le taureau par les cornes. Déjà parce que je suis restée seule un moment avec eux deux, et que sans leur « aide » je ne pouvais pas y arriver. Et aussi parce qu’il était hors de question qu’ils se laissent aller comme des pachas. Aussi ils ont donc compris rapidement qu’à la maison, le ménage ne se fait pas tout seul, tout comme le rangement, la cuisine, etc.

Et petit à petit je me suis donnée pour mission qu’ils arrivent à se débrouiller seuls pour davantage de choses… et qu’ils aiment ça !

Le problème avec l’Agrume a été le trop d’autonomie trop vite. Sans que je n’intervienne dès qu’elle a su parler, j’ai entendu des  » MOI TOUTE SEULE » à tire larigot. Sauf que les « MOI TOUTE SEULE’ ont conduit à des scandales comme un pot plein de caca renversé à côté des WC, des culottes devant-derrière, des paires de chaussures dépareillées ou encore des salles de bain inondées.

Il fallait donc établir des règles pour leur faire faire des choses à leur portée, à leur rythme, et qui ne me rajoutent pas des cris, des pleurs et cacas à nettoyer.

Du coup, à force de chercher un système qui me convient, j’ai trouvé ceci :

Des super tableaux magnétiques ! Au départ, j’avoue que j’avais envisagé de les bricoler. Et puis quand j’ai vu le coût des matières pour les fabriquer et le prix de ceux-là (moins de 14 euros) j’ai renoncé, et j’ai opté pour la facilité en achetant tout prêt.

Le principe ? Un tableau magnétique chacun, sur lequel tu positionnes les « tâches » (je mets entre guillemets parce que ce n’est pas une TO DO LIST non plus) qu’ils peuvent réaliser pendant la journée (il y a plus d’aimants, donc tu peux varier chaque semaine les « tâches »). Le jour 1 correspondant au lundi (ou à un autre jour du coup si tu préfères commencer de suite l’expérience) on colle une étoile à chaque « tâche » effectuée par l’enfant. Cela va de la politesse, à faire son lit en passant par aider dans les tâches ménagères ou encore se coucher à l’heure et finir son assiette.

J’ai opté pour la version ci-dessous qui est en anglais car Poupou a commencé l’anglais cette année avec une prof le mercredi matin, et il adore ça. Du coup cela rajoute un côté ludique à l’affaire. J’ai posté mes tableaux en story et vous avez été nombreuses à m’en demander les références, les voici donc : (liens cliquables)

Fiesta Crafts – T-2338 – Jeux Magnétiques Doowell – Tableau Etoiles

Attention, chez nous, pas de course à l’échalote, ils ne gagnent rien au bout ! C’est uniquement pour la satisfaction de l’étoile sur le tableau. Pas de cadeau à la clef. Et ça fonctionne plutôt bien.

Il existe en version française, tous les enfants sont regroupés sur le même tableau :

Récompense magnétique / Star / Tableau des responsabilités / de comportement pour jusqu’à 3 enfants. Planche rigide de 16 « x 13 » (40 x 32cm) avec boucle de suspension

Du coup, on ne « score » pas à la fin de la semaine, qui a été meilleur que qui : NON. On fait le point, ils me disent eux-mêmes « je n’ai pas trop dit merci du coup j’ai pas eu les étoiles » ou encore « je ne t’ai pas été beaucoup quand même ». Le but étant qu’ils aient des reflex afin de se détacher petit à petit de ces tableaux. Je compte bien qu’ils m’aident au quotidien sans avoir besoin de coller quoi que ce soit où que ce soit… Mais ils sont encore petits.

Et je constate que cela les aide dans leurs démarches. Mes enfants de 2  1/2 et 4 ans 1/2 se douchent seuls, je trouve que c’est quand même pas mal. Ils savent vider un lave-vaisselle et ranger leurs couverts aux bons endroits. Ils me viennent davantage en aide quand je dois étendre le linge ou qu’ils constatent que les jouets deviennent trop envahissants. Ils prennent aussi des initiatives, Poupou passe l’aspirateur par exemple et l’Agrume et lui adorent m’aider à faire la cuisine.

Sur les aimants, on peut rajouter soi-même des « tâches ». Du coup j’ai personnalisé des aimants avec des choses qu’ils maîtrisent très bien, pour les encourager.
J’en ai personnalisé un pour Poupou, pour l’encourager à ne pas pleurer quand je laisse à l’école. Et cela fonctionne vraiment bien, on n’a plus de larmes désormais le matin.

Pour moi c’est important, sans faire peser trop de poids sur leurs petites épaules, qu’ils aient conscience que le linge ne se lave pas tout seul, que les vêtements ne sont pas pliés par magie dans les armoires,  et que faire à manger c’est génial mais ça prend du temps. 

Et chez toi, l’autonomie ça donne quoi ?

Retrouvez toutes les photos des tableaux dans ma story instagram. 

J’ai tout essayé

2 ans. 2 ans que cela dure. Et on est parti pour une troisième année. Tous les matins, mon fils de 4 ans et demi pleure quand je le laisse à l’école. Il est scolarisé depuis ses 2 ans et demi, cette année il est rentré en moyenne section et on est reparti pour un tour. Les matins sans larmes au cours de l’année dernière se comptent sur les doigts de la main. Ce sont des larmes, des cris, des crises à se rouler par terre ou se couper la respiration. L’année dernière j’avais même le droit aux mêmes crises en allant le chercher parce qu’il refusait de me voir.

Je suis épuisée.

J’ai essayé des dizaines et des dizaines de méthodes. Les petits coeurs dans le poignet, les étoiles sur le calendrier pour chaque matin sans crise, lui promettre un livre en cadeau pour une semaine complète sans larmes (ce n’est jamais arrivé…), les longues explications, les chansons dans la voiture en allant à l’école, les rituels de check en tout genre, avec moi, avec le gros Chat, les câlins ou la sévérité, la douceur ou la fermeté, laisser des photos ou des objets de la maison dans son sac, la privation de quelque chose qu’il aime bien s’il pleure le matin (dit comme ça c’est horrible mais j’ai vraiment tout essayé). Parfois les astuces ont fonctionné une fois, ou deux. Pas plus.

Cette semaine, je pensais tenir le bon bout. Lundi et mardi pas de larme. Mercredi mon grand était ravi de se rendre à son cours d’anglais et au foot (à sa demande). Je pensais que le reste de la semaine serait coloré des mêmes teintes positives. Mais ce matin re-belotte. Des cris à s’en faire vomir, des larmes à s’en étouffer. Et maman qui repart le coeur lourd de laisser ainsi son petit garçon.

Et de le laisser aussi en larmes quand je dois le faire garder par un tiers, quand il part chez son papa, ou parfois juste quand je quitte une pièce.

J’ai eu des moments où cette situation m’énervait mais la plupart du temps elle me plonge dans la tristesse et la culpabilité. Parce que c’est difficile d’être la maman du petit garçon qui pleure tous les matins, d’essuyer les remarques des parents qui me disent ‘ah c’est reparti ce matin » ou qui me félicitent à demi-mot les matins où il ne pleure pas. C’est dur d’entendre de la famille, des amis, des inconnus, que mon fils est un râleur, un caractériel, qu’il n’est jamais content, qu’il chouine pour rien.

Alors en accord avec son papa, on va tester de nouvelles choses. On verra bien.

C’est dur de le sentir seul face à son mal-être. C’est dur de se sentir désemparée.