Mon amour, tu me manques

Nous avons passé 6 ans ensemble. 6 ans parfaits, 6 années pendant lesquelles tu as partagé mes joies, mes peines et où tu m’as vue grandir. Dans tes bras je me sentais vivre. Les premières années étaient intenses. Nous nous découvrions, tu étais remplie de mystères, tu étais l’inconnue. J’ai fait corps avec toi, je me suis saoulée avec toi, j’ai dormi dans ton giron, j’ai joui de la liberté que tu m’offrais, je t’ai explorée. Je t’ai aimée le jour, je t’ai aimée la nuit. Nous étions si bien.

Et puis un jour, je me suis éloignée, un peu. Malgré les paris de nos amis communs, je n’ai pas fait marche arrière. Je t’ai été infidèle et je m’en veux. J’ai toujours l’impression que nous n’en avons pas assez profité ensemble et tout est de ma faute. Mais je revenais souvent te voir, parfois en cachette. J’avais besoin de toi, de te retrouver. Nos soirées ensemble, nos déjeuners sur l’herbe, nos endroits secrets, nos confidences, mon apaisement quand je suis avec toi. Nous partagions tellement de choses, tu connaissais toute ma vie. On a continué comme ça, pendant un an. C’était si fort entre nous, je n’arrivais pas à me passer de toi.

Puis j’ai déménagé. Si près et pourtant si loin. Et je suis infidèle, encore, malgré moi. Je ne sens plus tes vibrations, je ne sens plus tes bras, je me sens seule, tu me manques. Elle n’est pas comme toi et j’en ai souvent pleuré. J’ai envié chaque personne auprès de toi. Je suis jalouse, je te l’avoue. Tu m’attires et tu me hantes, je pense chaque jour à toi.

Quand je te retrouve, comme hier soir, c’est toujours avec la même hâte, la même intensité, la même émotion. Je sens mes yeux qui brillent, un frisson me parcourir, j’ai envie de me jeter dans tes bras et de me perdre avec toi. J’ai envie de tout quitter pour retrouver mon seul amour. Il n’y a pas plus belle, il n’y a pas plus émouvante, il n’y a pas plus rassurante.

Je n’en aimerai aucune autre comme je t’aime, je suis à toi pour toujours, Bordeaux.

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Potentiel évoqué #3 La balançoire

Quand j’étais petite, j’habitais avec mes parents et ma sœur, dans l’enceinte de l’école primaire. Ma mère en était directrice. Ma sœur et moi avions donc accès à tous les jeux de la cours de récréation, sans aucune modération. J’ai passé des heures à jouer à la balançoire. A grimper si haut que ma sœur me disait toujours « arrête, tu vas faire le tour ! »
Un jour, ma sœur est tombée de la balançoire. Cela lui a valu 4 points de sutures dans le crâne, les premiers d’une longue série…

Puis nous avons déménagé. Au début il n’y avait pas de balançoire. Le terrain était grand, vide, orphelin. Mais il ne l’est pas resté longtemps… Pour nos deux anniversaires en janvier, nous avons eu un portique. Un portique gigantesque en fer blanc. Sur lequel s’alignaient un trapèze, des anneaux, une corde à nœuds, et une balançoire.
Nous avons passé de délicieux moments sur la balançoire, à rêver, en allant toujours plus haut, à penser qu’on pourrait un jour s’envoler.
Puis en grandissant, nous nous y asseyions simplement pour discuter et inventer des histoires. Nous nous en sommes même servie de parcours de « Fort Boyard », nous avions accroché une clef, au sommet du portique.
Et en grandissant encore, nous nous posions nonchalamment au bord de la balançoire avec nos copines, pour refaire le monde.
Puis ma sœur et moi avons déserté…

La balançoire s’est retrouvée seule. La planche a pourri, elle est tombée, et papa ne l’a pas remplacée.

Aujourd’hui j’ai grandi, IL a grandi, IL a pris ma place.

Son Papy Loup attendait ce moment depuis des mois. Il s’était préparé. Il était allé acheter une balançoire flambant neuve et des jolies cordes. Elle était belle, en plastique bleu et jaune, en forme de coquille.
Et un jour, ce fut le moment. Le moment de donner une deuxième vie au portique, et d’essayer la nouvelle balançoire.
On L’a installé, il était tout fier.
Il a pris son envol, petit à petit. Poussé par son papy et sa mamie. « Mais ne t’envole pas trop vite. »

Il rêvera d’ailleurs, il s’assiéra pour discuter, il refera le monde puis il désertera.

Mais la balançoire restera. Attendant une nouvelle génération qui voudra bien s’envoler.

 

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Potentiel évoqué est un fabuleux projet proposé par le blog Papa Panique. La photo « La balançoire » est gracieusement proposée par le blog Des Mots et moi. Retrouvez-nous sur Twitter #PotentielEvoqué.

La Chouquette Box, la vraie

Pendant ma grossesse, j’ai tenu un journal, le cahier de grossesse des paresseuses.
Semaine après semaine, je notais mes impressions, mes rendez-vous médicaux, je collais mes échographies. Je voulais que, quand Bébé Chouquette serait en âge de comprendre, il ait accès à ses instants de vie In utero. Puis, j’ai acheté Le journal de mon bébé.
C’est un album rigide, avec une jolie couverture et qui contient 1001 merveilles! Des premières fois de bébé, à sa première mèche de cheveux, en passant par les souvenirs de vacances, tu peux glisser dans de petites enveloppes des petits trésors de bébé et raconter ses instants précieux. De la naissance à 2 ans, tu pourras consigner chaque étape de ses premières années, riches en émotion et en progrès. Je suis totalement fan de cet album, qui donne les grandes lignes mais laisse libre cour à l’imagination de chaque maman, pour rajouter des rubriques ou développer comme elle le souhaite.

Quand Bébé Chouquette est né, j’ai récupéré son bracelet de naissance, ses étiquettes de l’hôpital (où il portait encore mon nom de famille), sa première tétine… Petit à petit j’ai collecté tout un tas de petites choses, que j’ai placées dans la Chouquette Box.

Elle contient aujourd’hui beaucoup de trésors, son faire-part, le bouchon de champagne de la bouteille ouverte pour son premier mois, son sixième mois et celui pour sa première année. Ses premiers chaussons, sa première paire de chaussures, toutes les cartes postales qu’il a reçu pour sa naissance et pour son anniversaire. La liste de ses cadeaux de naissance, sa première bougie, l’invitation à son anniversaire et l’album photo de sa première année. Son carnet dans lequel je notais les heures de ses biberons, les fiches mensuelles de nutrition du pédiatre. Son premier body, son premier pyjama, son premier bavoir… et beaucoup d’autres choses.

J’ai ce besoin de garder, de conserver, pour la postérité. J’ai cette obsession du temps qui passe depuis toujours. J’aime faire vivre les souvenirs et garder la mémoire. Petite, je me disais toujours « ça, il faut que tu en fasses une photo avec tes yeux, pour t’en souvenir pour toujours… »
Alors j’ai envie que Bébé Chouquette sache tout de lui et de nous.
Qu’il sache combien il est aimé, depuis le premier jour…

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1 an

Mon Chouquette,

voilà des jours maintenant que je prépare cette lettre, depuis que j’ai réalisé que tu vas avoir un an…
Aujourd’hui c’est ton anniversaire mon trésor, voici maintenant 365 jours, 12 mois, une année que tu es parmi nous. Une année que je te vois chaque jour évoluer, progresser, toi qui reviens de loin. Sache qu’il ne s’est pas écoulé 24 heures sans que je sois fière de toi.

Tu entendras probablement chaque année comment tu es arrivé, comment la semaine de ta naissance s’est déroulée. Tout comme j’entends mon histoire chaque année racontée par mes parents et mes grands-parents depuis 25 ans. Tu n’y échapperas pas! Certaines fois, ça te fera râler les vieux qui radotent, mais c’est tellement délicieux d’entendre SON histoire, puisqu’au fond chacun se réjouit en racontant sa version à sa manière. L’histoire de ta venue au monde.

Je me revois encore, complètement déconnectée de la réalité quand on m’annonça qu’à 34SA il fallait que tu quittes ton nid, le nid que je t’avais fait et qui ne voulait plus, ne pouvait plus, t’accueillir maintenant. Une maman ça doit protéger, mettre en sécurité, mais toi tu as dû affronter le monde plus tôt que prévu. Et pourtant, tu étais prêt. La preuve, tu t’es battu un jour après l’autre et tu as fait tout ce que les médecins attendaient de toi pour que nous puissions rentrer à la maison tous les trois.

Quand je t’ai pris dans mes bras la première fois, j’ai été irradiée de cet amour indescriptible, que les parents ont pour leurs enfants. Cet amour que plusieurs mamans avaient déjà essayé de m’expliquer pendant ma grossesse et qui me faisait tant rêver sans que je puisse encore le toucher du doigt.

Et aujourd’hui encore, quand je pose les yeux sur toi, quand je te regarde jouer, sourire, dormir, manger, grandir…vivre, je sens cette même vague arriver et je la laisse me submerger, comme au premier jour.

Voilà, c’est le jour J, le jour de ton premier anniversaire, qui marque ses 12 premiers mois ensemble, que je n’ai pas vus passer. Tous les parents le disent, que le temps n’est pas notre allié. Et pourtant il vole des moments mais il en offre aussi, de ceux qui sont si précieux qu’ils ne s’achètent pas. Parce qu’il y a un an, c’était aussi la naissance d’une maman…

Quand je regarde l’année qui vient de s’écouler, je réalise qu’on en a fait des choses.
Tes premières vacances à Annecy loin de la maison, ton premier Noël, tes premiers pas, tes premières dents, tes premiers copains, des premiers dodos sans tes parents, et bientôt ton premier déménagement.

Je suis, et je serai encore, tellement fière de toi.

Mon petit Chouquette, quoi qu’il arrive maman t’aimera toujours.

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