Tu peux compter sur moi… ou pas.

Aujourd’hui j’ai envie de te parler d’un sujet qui me tient à coeur: les gens sur qui on ne peut pas compter.

Tu vois je fais partie de ces personnes, qui croient plus que tout en la bonté humaine, l’entre-aide, l’écoute… Le Père Noël. En fait je suis naïve. Mais attention pas une petite naïve, non je suis la Reine des Naïves, que dis-je, la Kalheesi des Naïves.

J’ai appris à mes dépens qu’il y a finalement très peu de gens sur qui on peut compter. Pourtant une quantité de personnes te diront « tu peux compter sur moi ». Mais combien se déplaceront réellement quand tu auras un souci? Oui parce que c’est bien connu, « c’est dans le besoin qu’on reconnaît ses vrais amis », ça marche aussi pour les gens sur qui tu peux compter en général, famille comprise.

Un jour, une copine m’a dit « pour savoir sur qui tu peux vraiment compter, imagine que tu commets un meurtre, qui appellerais-tu pour cacher le corps? » Il n’y a pas beaucoup de personnes que j’appellerais…

Et pourtant, je suis pour ma part, et sans vouloir me vanter, de celles sur qui on peut compter.

J’ai déjà débarqué chez des copines au milieu de la nuit avec mon bébé à l’arrière de la voiture, pour voler à leur secours. J’ai déjà sauté dans ma punto sous une pluie torrentielle et sans essuie-glaces, sans me poser de questions, juste parce qu’une amie me disait qu’elle allait mal. J’ai déjà prêté de l’argent alors que je n’en avais que très peu moi-même. J’ai déjà fait des heures de route, juste pour faire une surprise, faire plaisir, et repartir quelques heures plus tard. J’ai déjà offert l’hospitalité pendant de longues semaines, pour ce qui devait être une nuit ou deux. Sans rien demander en retour, jamais. Et toujours avec plaisir.

Je ne te dis pas ça pour faire l’étalage de ma « dévouétude », pas du tout. Ça fait partie de ce que je suis, je ne regrette aucune de mes actions et je reconnais que je n’ai pas toujours été comme ça. Mais je fais le constat que nous sommes peu comme ça. Nous sommes peu à nous engager réellement pour les causes et les personnes qui nous tiennent à coeur. Je suis très souvent déçue, par les réactions de mes « amis » quand c’est à mon tour d’avoir besoin d’être épaulée ou d’avoir besoin d’un service.

Alors il y a ceux qui ne sont pas des amis, que l’on n’a pas choisi, mais qui ne t’appellent QUE quand ils ont besoin de quelque chose.
Il y a ceux que tu attends toujours, parce qu’ils avaient dit qu’ils passeraient, mais ça fait presque 4 mois que tu as déménagé, et ils ne sont toujours pas venus.
Il y a ceux à qui tu as filé d’innombrables coups de main, mais qui ont toujours mieux à faire quand tu as besoin de leur aide.
Il y a ceux qui ne savent pas être contents pour toi…
Et il y a les champions des excuses bidons.

Bénabar résume très bien tout ça 
Mais heureusement, il y a aussi ceux que tu ne vois pas souvent, mais sur qui tu sais que tu pourras toujours compter.
Ceux qui n’étaient pas prévus au programme mais qui sont là pour t’épauler et ça fait du bien.
Ceux qui te surprennent, chaque jour un peu plus, et qui plus qu’un soutien sont une véritable bouffée d’oxygène.

 

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Le sport et moi

D’aucuns diront que je ne suis pas sportive…
Bon en effet, le sport me court après depuis quelques temps. Il me prend l’envie d’aller courir aussi souvent que Pete Doherty se lave les cheveux… Pas souvent quoi. Mais ça n’a pas toujours été le cas.

J’ai commencé ma carrière sportive (haha !) avec la pratique de la GRS (re-haha !). C’était lamentable. Boudinée dans mon justaucorps rose, j’étais la petite fille la moins gracieuse de toute la planète. Je voulais faire du foot, ma mère a refusé, j’ai fait de la Gymnastique Rythmique et Sportive. Va comprendre… Nous aurions pu trouver un compromis non ? J’ai quand même tenu 3 ans. 3 années de cerceau, de ruban, de corde à sauter… Et de ballon. Le ballon ça aurait pu être cool, mais il fallait faire des trucs jolis avec. Pas taper dedans… Du coup, ce que je préférais c’était les massues… C’était un peu plus bourrin quoi. Tu cernes un peu le personnage ?
Bref, après des semaines de supplication, j’ai quand même fini par pouvoir lâcher ce club. Mais à la fin de l’année, « on commence ce que l’on termine ma ptite dame ».

Tu vois j'aurais pu faire ça...
Tu vois, j’aurais pu faire ce genre de trucs, au milieu du super marché par exemple…

L’année suivante, ma sœur et moi-même nous sommes inscrites à l’escalade.
Vaste mascarade. Tu nous aurais vues… A l’escalade, tu as un partenaire qui « t’assure ». C’est à dire qu’il reste en bas relié à toi par une corde attachée aux baudriers. Ce qui fait que si tu chutes, tu ne t’écrases pas sur le sol. Tu restes élégamment suspendu dans les airs grâce à ton partenaire qui fait contre poids et qui « assure » (grave). Ma sœur faisait 25 kilos et moi environ 45. Donc le jour où je suis tombée du mur, ELLE a décollé du sol et JE me suis (presque) écrasée! Tu pouvais difficilement faire plus cocasse comme situation.

Après cet échec cuisant, j’ai réorienté ma carrière sportive, vers des activités qui me plaisaient vraiment… Je me suis inscrite au karaté avec une copine. Ma copine a tenu 2 séances. Mais moi j’étais inscrite, hors de question d’abandonner (mes parents n’ont jamais rigolé avec l’engagement). Mais, par chance, ça m’a beaucoup plu. J’ai fait 3 ans de karaté, j’ai passé mes ceintures jusqu’à la verte (ne te moque pas c’est déjà pas mal). Puis les profs ont changé, l’ambiance est devenue moins bonne, je n’avais plus grand monde de mon niveau, beaucoup de coéquipiers ont abandonné en cours d’année (nous n’avons pas tous le même mental tavu !). J’ai fini par quitter le club (en fin d’année bien sûr !), moins à l’aise avec les nouveaux professeurs. Grâce au karaté, je sais compter jusqu’à 10 en japonais, ce qui ne me servira probablement à rien dans la vie. Et comme si mes rapports aux autres durant ma scolarité n’avaient pas été assez compliqués, ce sport m’a value le surnom ridicule de « karaté kid » et les moqueries de mes camarades durant mes années de pratique. Mais ça va, je te rassure, je m’en suis remise.

comment ça tu ne me reconnais pas???
Comment ça tu ne me reconnais pas???

Oui je m’en suis remise et l’année d’après j’ai fait de la boxe. J’ai commencé par la boxe française, jusqu’à ce que l’un de mes enseignants se rendent compte que j’étais bien meilleure avec mes poings. Mais bon, mes parents n’avaient pas très envie que je me fasse casser le nez toutes les semaines (même si je reste persuadée que c’est MOI qui aurais cassé des nez et pas l’inverse) donc je m’en suis tenue à la boxe française. C’était cool. Et c’est le sport dans lequel j’étais le plus douée. J’ai été suspendue plusieurs fois pour avoir assommé mes camarades dans des élans de  «violence un peu trop violente.» Ah oui, la boxe française « on ne tape pas, on touche ». T’as raison. Tu mets des patates et tu en reçois aussi hein. Ma copine qui venait à la boxe avec moi était nulle, elle. Elle courait en rond autour de la salle pour ne pas que je la tape (?). Mais bon j’avais beau aimer ce sport, je dois bien reconnaître que sur la fin j’allais aux entrainements aussi fréquemment qu’Amy Winehouse était sobre. Pas souvent quoi. La flemme.
J’ai aussi fini par quitter la boxe (à la fin de l’année etc etc). La flemme, elle, ne m’a jamais quittée.

quoi?
Quoi?

Puis j’ai fait du badminton. Mais je n’ai rien de palpitant à raconter là-dessus. J’ai aussi fait de la natation, mais là non plus je n’ai rien à raconter (j’étais trop douée tu comprends).

Et puis un jour, une copine m’a proposée de faire du sport avec elle. « Oh mais avec joie ! » N’aimant ni le sport ni la solitude, je me suis dit qu’au moins aller me bouger avec une copine ça serait drôle. Elle là elle m’a parlé de danse classique…. MOI ? Quand j’en ai discuté au téléphone avec ma mère, elle a éclaté de rire. « Mais enfin pourquoi ? » Ben chépa. Je me suis dit qu’au moins j’allais peut-être acquérir de la grâce et de la souplesse, tu vois. Les danseuses étoiles elles font rêver avec leurs longues jambes, leurs jolies ballerines et leurs chignons, non ? Je suis allée à ce cour, aussi motivée pour danser que Pierre Ménès pour faire un régime, mais bon je me suis dit « je verrai bien ». Ben j’ai vu. Et j’ai pas reviendu.

Je me suis retrouvée dans un cours, de soi-disant débutantes. Avec des girafes. La plus petite (après moi bien entendu) devait faire 1m70. Et la plus dodue (après moi bien sur) devait peser 32kg. Un rassemblement d’anorexiques anonymes m’aurait mise plus à l’aise. De beaux justaucorps et des pointes, et moi dans mon jogging et mes baskets. Je me suis sentie autant dans mon élément qu’un éléphant dans un magasin de porcelaine, aussi distinguée que Pamela Anderson et aussi gracieuse qu’Amélie Mauresmo.
Le cours a commencé. « 3ème position, entrechat, arabesque ». Non mais c’est quoi ? Des noms du Kamasutra ? Une catastrophe. J’ai réalisé que je n’avais ni les compétences, ni le physique, ni l’envie de pratiquer la danse classique. Je m’emmêlais les pinceaux, j’étais toujours en retard, je m’y prenais comme un manche.
Toutes les filles me regardaient (oui tu es entourée de miroirs, donc tu ne peux pas rater les regards sur toi). Je me suis accrochée jusqu’à la fin du cours, toute mon estime de moi m’avait quittée, me laissant au bord des larmes… mais je ne voulais rien montrer. A la fin du cours, la prof de danse et les élèves ont applaudi, puis elle a eu l’audace de dire devant tout le monde « ça n’a pas du être facile pour toi, je suis surprise que tu es tenu le coup». Mais c’est très pédagogue ça dis donc ! Elle m’a achevée. . J’ai souri, j’ai pris mes affaires et je suis partie, laissant ma copine avec ses amies les girafes, dans son élément. Sur le trajet pour rentrer chez moi j’ai pleuré et j’ai fumé un paquet de cigarettes. Ma maman avait raison, qu’est-ce qui m’était passé par la tête? La danse classique !

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Puis j’ai voulu revenir m’inscrire à la boxe, dans un nouveau club près de chez moi… Boxe que je n’ai pas pu pratiquer, car je suis trop myope et que je ne porte pas de lentilles.

Enfin tu vois le sort s’acharne, le sport ce n’est pas pour moi mais les fraises à la chantilly, si.

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Et si tu veux faire du sport pendant tes règles sans risques, tu peux utiliser la coupe menstruelle!

Sources images: GRS: ffgym.com, lyricis.fr, première.fr, jc-klity-art.com, petitemarinette.canalblog.com

La bonne poire qui ne savait pas dire non

Aussi loin que je me souvienne, je n’ai jamais su dire « non ». Alors peut-être, pendant mon terrible two, ai-je été une machine à « non », il faudrait que je me renseigne. Mais ce temps là est clairement révolu, et depuis longtemps.

Je suis ce que ma sœur appelle « une bonne poire ».

J’ai beau avoir un caractère bien trempé, qui devrait faire que je ne me laisse pas marcher sur les pieds, et bien…ça dépend. Je peux tout envoyer péter en 2/2 parce que ça me saoule, ou devenir hystérique quand on touche à une cause qui m’est chère ou à mes proches, mais quand on me demande quelque chose, j’ai beaucoup de mal à dire « non ».

Alors que parfois, bon sang, je n’ai vraiment pas envie de faire ce qu’on me demande…

« Tu peux m’héberger de septembre à août?
– Oui.

Tu peux venir me chercher et me ramener dans la journée alors que je suis à 300km de chez toi?
– Oui.

Tu peux te jeter d’un pont c’est pour une expérience, c’est super important pour moi ?
– Euh oui…

Je peux te tarter violemment ?
– Oui . »

Et c’est tout comme ça. J’ai un grain des fois je te jure. C’est tellement simple ces trois petites lettres, aussi simple qu’un « oui ». Mais je n’y arrive pas bourdaïl, c’est plus fort que moi !!! Le pire c’est que j’arrive parfois à l’accompagner d’un petit « bien sûr » ou « avec plaisir » qui viennent se poser là. POURTANT JE NE VEUX PAS ÊTRE GENTILLEUH.

Mais je n’aime pas le conflit, je n’aime pas blesser les gens. Alors que c’est assez paradoxal parce que quand je suis au cœur du conflit je peux très vite faire tout péter, à grand renfort de « je te jette des objets à travers la tronche » et « je hurle comme si je me faisais enlever par des FARC ». Quand je suis énervée je fais rarement, que dis-je : JAMAIS, semblant.
Mais dire « non » c’est super dur. Ou mieux « j’ai pas envie ». Han ça serait tellement bien de pouvoir dire ça de manière naturelle et que personne ne se vexe !
Et pourtant je m’entraîne, je suis franche dans la vie et je n’ai aucun mal à dire ce que je pense aux/des gens, donc le « non » devrait aller avec tu vois. Mais il ne veut pas sortir ! Il se transforme irrémédiablement en un timide « oui », un peu moins enjoué qu’il ne devrait l’être.
Et à peine l’ai-je prononcé que je me déteste, je cri « nooooon » dans ma tête (tu sais le « NOOAANNN » robotique au ralenti dans les films), j’ai envie de me mettre une droite dans ces moments là.

Pourquoi? Pourquoi je n’arrive pas à le sortir ? Quitte à vexer les gens, après tout ça ne serait pas la première fois. Alors pourquoi ?

Parce que je suis une bonne poire, voilà, ma sœur à (encore) raison. Tout ça est tout à fait en corrélation avec mon côté aimant des âmes tourmentées. Le pire c’est que je sais que parfois les gens en ont profité et abusé. Bien plus qu’ils ne l’auraient dû.

Je suis, cependant, en route vers le « non ». J’ai fait un énorme travail sur moi pour dire « non » à Bébé Chouquette. Il était hors de question que je laisse tout passer nanmého. Du coup le « non » a débarqué en force, surtout depuis qu’il marche et qu’il expérimente tout un tas de choses dangereuses. J’arrive à faire face à sa surprise, à sa mine frustrée, parfois à ses larmes… Sans pleurer moi-même. C’est bien hein ?

Alors peut-être que bientôt j’arriverai à le dire aux autres…

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Source image: Tida

L’aimant des âmes tourmentées

J’ai toujours eu un petit côté psy. Pas psychopathe, hein, psychologue…
C’est un métier que je n’aurais jamais pu exercer, qu’on soit bien d’accord. Je suis une véritable éponge à sentiments, je porterais toute la détresse de ma patientelle sur mes épaules si j’avais eu un cabinet. Je pense que c’est ce qu’on appelle l’empathie.
Bref, j’ai une tête de confidente, la tête de celle à qui on révèle ses côtés sombres et ses secrets les plus intimes.
Il m’est arrivé un truc pas banal lors d’une soirée de boulot de Papa Chouquette. Alors que je sortais en solo fumer une clope entre deux plats, je tombe sur une nana que je ne connais pas, avec qui nous échangeons quelques banalités météorologiques. Mais la discussion a pris une tournure inattendue…
En l’espace de quelques minutes cette femme que je ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam m’a raconté toute sa vie. Sa détresse amoureuse, ses échecs, sa déprime… Que des trucs gais et réjouissants, un roman à la Zola. Si bien que je suis restée dehors, dans le froid, pendant de longues minutes, à écouter cette inconnue qui a fini par verser sa larme sur mon épaule. Quand je suis revenue à table, de façon très remarquée évidemment puisque je m’étais absentée une bonne demi heure, Papa Chouquette m’a demandé ce que je fichais pendant tout ce temps.
La gorge serrée, j’étais encore abasourdie de ce que venait de me raconter cette femme, que Papa Chouquette connaissait plutôt bien, mais avec qui, j’en étais certaine, il n’avait jamais eu ce genre de discussion. Je n’ai pas donné de détails bien entendu, je ne savais pas si cette inconnue avait très envie que je livre sa vie sans détours.

Mais si c’était un cas isolé, je me serais dit « bon ben elle avait envie de parler, de vider son sac et c’est tombé sur moi ». Mais que nenni messieurs dames, que nenni.
Ce genre de choses m’arrive très régulièrement.
Des gens que je ne connais pas ou peu, qui après avoir échangé quelques banalités se mettent à nue (c’est une image hein) et me dévoilent toute leur intimité (c’est encore une image).
Être la confidente d’un ou d’une amie c’est plutôt normal. C’est ce que font les amis. Mais de parfaits inconnus, ça peut sembler étrange au début.
Aujourd’hui je m’y suis presque habituée. Du SDF complètement ivre, à la dépressive du bureau de tabac, en passant par la vendeuse de légumes, j’attire les âmes tourmentées qui ont des choses à raconter, des secrets trop lourds à porter, de la détresse à évacuer.
J’ai reçu tellement de confidences que je pourrais en faire un bouquin. Je pense que je tiens ça de ma mère. On a des têtes de gentilles alors les gens s’épanchent facilement, trouvant une oreille attentive à leurs malheurs, et quelques paroles réconfortantes.
Les gens sont de plus en individualistes, rares sont ceux qui savent écouter, conseiller et prendre un peu de temps pour s’occuper des autres. Au contraire, j’ai moi-même, plutôt du mal à faire la part des choses. Je m’occupe souvent des autres avant de m’occuper de moi. C’est dans mon caractère et j’ai déjà essayé de changer ça, mais « chassez le naturel il revient au galop ». Et pourtant mon empathie fait que je suis souvent tourmentée par les malheurs des gens, ils me bouffent. Mais je ne peux pas m’empêcher de jouer les Mère Theresa, c’est une seconde nature.

 

 

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Je devrais faire du bénévolat pour SOS amitiés…