L’échelle de Richter : ce qu’on ne m’avait pas dit, ce qu’on ne te dira pas.

Encore un matin où je me réveille avec le sentiment de m’être couchée quelques minutes plus tôt seulement. Un peu plus de quinze jours qu’elle est là et je dois le reconnaître : je suis fatiguée.

« C’est le lot des jeunes parents ».

Oui. Mais on n’est pas prévenu. On sait bien quand on se lance dans l’aventure de la parentalité, qu’un bébé ne fait pas ses nuits tout de suite, mais on ne nous dit pas à quel point c’est dur de manquer de sommeil. A quel point il faut prendre sur soi quand on l’entend s’éveiller la nuit. Il faut se lever, déballer ses seins, les biberons, aller la/le nourrir. Non, encore une minute de sommeil, par pitié. Ouf, je ne l’entends plus. Elle s’est peut-être rendormie ? Ah non. Et puis elle a pleuré d’un coup, tellement fort qu’elle a réveillé son frère. On ne te dit pas non plus, que quand tu en as déjà un, c’est encore plus dur. Pendant la grossesse déjà. Tu n’as pas QUE toi à t’occuper, un petit être compte déjà sur toi. Et c’est dur, vraiment, surtout quand le premier modèle était gros dormeur, bonne pâte et qu’il est déjà bien calibré. Il faut en calibrer un deuxième, sans dérégler le premier. Et sans causer trop de dommages collatéraux. Parce qu’on ne te dit pas non, ou trop peu, à quel point ton couple est secoué. Bizarrement, nous l’avons très peu été pour le premier. Un petit score sur l’échelle de Richter, un 2 tout au plus (« ressenti seulement par les gens au repos »)… Mais le deuxième bébé, c’est un 6 : « dégâts à l’épicentre dont l’ampleur dépend de la qualité des constructions ». On est touché, on ne s’effondre pas. Presque 10 ans de couple, des bases solides, heureusement. Mais on s’agace plus vite, on se parle moins gentiment, malgré tous nos efforts on a fatalement moins de temps l’un pour l’autre. Quand tu as couché le grand et que la petite commence à s’endormir, tu vas préparer à manger, dégainer une série… Mais on ne t’a pas dit que tu n’en verras que les premières minutes, si tu as de la chance, et que tu mangeras froid. Et ça durera des semaines. On ne te dira pas non plus que c’est quand tu vas vouloir prendre ta douche, ton trésor profondément endormi, qu’elle va justement se réveiller. Tu auras encore du shampoing dans les yeux, tu n’auras pas le temps de te sécher avant de mettre tes habits. Tu pourrais la laisser pleurer, mais on ne t’a pas dit à quel point c’était stressant d’entreprendre des choses avec un bébé qui pleure à côté. Tu es fébrile et tu finis par pleurer.

Et on ne t’avait pas prévenu qu’à chaque fois qu’elle pleure, tu auras les seins douloureux ou qu’ils déverseront carrément des flots de lait maternel, humidifiant ton 12 ème t-shirt de la journée, malgré les coussinets d’allaitement inesthétiques glissés dans ton soutien-gorge d’allaitement hideux (mais confortable…ah non même pas). Et on ne t’avait pas dit que « c’est mieux pour l’allaitement si ce soutien-gorge tu le gardes la nuit aussi ». De toutes façons tu n’as pas vraiment le choix, sinon tu pourras changer tes draps tous les matins.

On ne te préviendra pas, de toute la paperasse que tu devras remplir, pendant et après ta grossesse, du fric monstrueux que tu laisseras à la pharmacie ou de la saturation ultra rapide de la mémoire de ton téléphone à cause des tonnes de photos que tu feras. Mais on ne te dira pas de faire attention, parce que pour le deuxième tu es déjà passé par là, donc des photos tu en feras moins et c’est dommage.

On n’évoquera pas non plus à quel point tu seras assailli de doutes, au sujet de leur éducation, de leur santé, de leur sommeil, de leurs habitudes… Des milliers de fois tu te demanderas si tu es un bon père, une bonne mère, et si tu dois ou non écouter les gens. Ne les écoute pas.

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Quand au bout de la nuit, enfin, tout ce petit monde dort, on ne t’avait pas dit que toi, même si tu es épuisé, tu ne dormiras pas. Parce que tu peux enfin contempler tes merveilles et laisser venir dans ta poitrine tout l’amour que tu as pour eux. Tu caresseras leurs cheveux d’anges et tu regretteras ta journée… même si tu sais que ça ne sert à rien tu vas culpabiliser de t’être énervé si vite sur ton conjoint, d’avoir haussé le ton en t’adressant à l’aîné qui n’avait rien fait qui le nécessitait et d’avoir perdu patience quand elle a pleuré, encore et encore.

Mais on ne te dira pas non plus à quel point leur peau est douce, à quel point tu vas les aimer parce que ce n’est pas quantifiable. A quel point tu vas t’inquiéter pour eux et combien tu seras fou de ces petits êtres. De l’odeur de leurs petits cous, des cheveux sur leurs nuques, de chaque petit centimètre de leur peau.

Et on ne te dira jamais assez à quel point le temps passe vite et qu’il faut profiter de chaque instant.

Voilà, moi je te le dis, tu ne pourras pas prétendre qu’on ne t’a pas prévenu.

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11 réflexions sur “L’échelle de Richter : ce qu’on ne m’avait pas dit, ce qu’on ne te dira pas.

  1. Et oui pas évident tout ça…. Les débuts ont été difficiles chez nous aussi et c’est là que tu te dis que les bases de ton couple sont solides mais surtout que Monsieur a de la patience!!! Entre la fatigue, le stress de tout vouloir gérer comme avant l’accouchement, une aînée sur-excitée et les hormones en chute libre …… Rien que d’y repenser j’en suis mal ….. Et je dit MERCI à l’homme que j’aime ❤

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  2. Ici ça à été très dur avec le premier, aucune nuit de faites même à 20 mois passés (bon quelques unes..)
    Préma, 15j de neo-nat, accouchement difficile, allaitement raté, bébé collé à moi.
    Donc bon rodésp our le deuxième, euh bon ou pas ahaha

    On verra bien 🙂

    Mais même avec la fatigue quand je le regarde dormir j’ai envie de le câliner, de l’embrasser même s’il m’a énervé 🙂

    joli fin d’article ❤

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  3. c’est tellement ça, tout ça, une vraie tempête dans nos vies
    on l’a vécu une première fois, on s’attend pas à être si bouleversés par le 2e, reperdre tous ses repères…
    Mais c’est aussi tellement d’amour, des petits moments pleins d’émotions
    bon courage pour les débuts un peu difficiles, ça se tasse après, promis !
    bisous

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  4. Je suis tout à fait d’accord avec toi !
    Cosette vient tout juste d’avoir 3 mois et l’une des nuits du week end a duré 7h (pour elle parce que nous nous sommes couchés tard et que La Tornade a fait un réveil nocturne) et la suivante, j’ai regardé l’heure toutes les demi heures…
    Si tu te sens de le faire (et si tu peux : pas de tabac, pas d’alcool, pas de médoc, ni toi, ni le père), tente le co-dodo. Au moins, tu n’as pas à te lever, tu la passes d’un côté à l’autre et tu te rendors pendant qu’elle boit. Après, quand tu seras un peu plus reposée, tu pourras la remettre dans son berceau collé au lit (toujours pour pas te lever).
    Parle à ton mari. Le dialogue est hyper important. Dis lui que tu es perdue, que tu es fatiguée… Peut être que tu as besoin qu’il prenne une journée pour gérer bébé entre les tétées pendant que tu dors.
    Arrête de gérer ta maison. Courses en drive ou livraison, femme de ménage. Saute sur tout ce qui peut te faciliter la vie. Et dors dès que tu as une fenêtre d’une demi heure devant toi !
    Mais surtout, surtout, ne reste pas seule ! Ne laisse pas la fatigue te renfermer sur toi même et de faire broyer du noir, c’est un sentiment qui risque de te ronger et de pourrir. Il faut demander de l’aide, il faut lâcher un peu du lest (même si je comprends parfaitement le besoin de fusion qu’on peut avoir avec un nouveau né). Et si tu n’as personne vers qui te tourner, il y a la toile. As-tu une communauté MumAround près de chez toi ? (ou autre chose, mais c’est là que je suis, moi, et par là que je t’ai connue, une maman m’a donné le lien de ton blog)
    Et au pire, envoie moi un petit mail, j’aime papoter, écouter et partager. Si tu te poses des questions, posons nous les ensemble.
    Amicalement,
    Violette.

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  5. Je suis passée par là aussi. Toutefois, les conditions d’arrivée du premier et ses deux premières années ont été tellement dures que je m’étais vraiment préparée à revivre tout ça en pire. Surtout que beaucoup de gens autour de nous pour le coup nous avaient mis en garde. La tempête a donc été moins grosse ici avec le deuxième. La reprise anticipée du travail et l’absence de mode de garde m’ont cependant conduite aux limites du burn out. Mais aujourd’hui, le petit prince a 6 mois, il fait ses nuits, et nous avons traversé la tempête. Les premières semaines sont hard, le temps de trouver le bon tempo et de retrouver des nuits complètes. Mais promis, ça s’apaise vite. Plein de courage.

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  6. Eh oui tout cela est vrai mais il faut se dire que ça ne dure qu’un temps. Mes 2 zouaves ont 10 et 14 ans maintenant et quand je les réveille le matin, c’est eux qui râlent. Mais quand ils sont grands, quelle joie de pouvoir partager pleins de choses avec eux. Bon courage et vous verrez que ce n’est que du bonheur.

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  7. Bonjour,
    Je découvres ton blog avec cet article … Tu m’as mis les larmes aux yeux! Maman pour la première fois d’une petite fille de 5 mois (dans 3 jours…déjà!!!), je me retrouve complément dans tout ce que tu as écris (ou presque vu que je n’ai qu’un enfant!) on m’avait prévenu du chamboulement, que devenir maman ça change la vie,…mais on m’avait pas dit comment, pourquoi,a quel point!!!! Bien sur,ça fait parti du jeu de découvrir tout ça mais qu’est ce que ça peut être violent!!!! Je ne regrette pas mon choix d’avoir voulu être maman mais si j’avais su,je me serai peut être mieux préparée…ou pas!!!
    Bravo pour ton article,je file découvrir le reste de ton blog 😉

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  8. Ping : Multimum #1 |

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