Quand on est parents…

Quand on est parents (t’as vu, on dirait le titre d’un sketch du Palmashow ?) on apprend à nos dépens qu’un certain nombre d’activités ne sont plus pour nous. J’ai fini par le comprendre en lisant l’excellent article des Moukraines à propos des soirées.

Parce que quand on est parents, avec les potes, ce n’est plus pareil.

Tu as les potes qui du jour où tu es tombée enceinte, t’ont rayée de la liste des invités aux soirées à tout jamais (et parfois ton mec avec, le pauvre !). Tu as beau faire les meilleurs cookies aux m&m’s du monde et pousser la chansonnette comme personne, c’est terminé ! Je me demande ce qui s’est passé dans la tête de ces potes-là quand ils ont décidé ça. J’ai imaginé pas mal d’options possibles :
« Les Chouquettes ? Ben non enfin ils ne sont pas invités elle est enceinte… »
– Argument 1 (ils prennent soin de nous) : »…tu ne te rends pas compte avec la fumée de cigarette et tout, y’a des risques pour le bébé. »
– Argument 2 (ils connaissent mes faiblesses) : « …c’est mort, avec tout l’alcool qu’il y aura elle ne pourra pas s’empêcher de picoler et le foetus aura une tête chelou… »
– Argument 3 (je l’aime moins) : « …non mais t’as vu la place qu’elle prend avec son bide sans déconner ? J’ai qu’un 20m2 moi oh ! »
– Argument 4 (l’alzheimer) : « …les Chouquettes qui ?  »
Clairement, eux, ce sont les faux-amis. Tu les as aimés, mais ça n’aura duré qu’un temps.

Il y a les potes qui t’auraient presque oubliée, mais qui malgré tout, rattrape le coup en mode « meeeerde y’avait eux aussi »… Mais si, tu sais, ceux qui te rajoutent à la conversation Facebook mille ans après ? La conversation au sujet des cadeaux a démarré depuis déjà une semaine et subitement tu te retrouves dedans.
Là aussi tu envisages plusieurs options :
– ils n’avaient pas assez de fric pour le cadeau commun donc ils espèrent que tu participes, (pour autant tu n’es pas invitée à la soirée et tu ne seras pas non plus remerciée pour ta généreuse participation…)
– un oublie, ça peut arriver… Comment ça ça fait 17 fois ?
– est-ce que parce que je ne peux ni boire ni fumer je suis devenue inintéressante ?
Ces potes là tu les aimes autant que tu les détestes. Tu les aimes parce qu’ils sont eux mais tu les détestes parce que des fois tu aimerais être eux. Zéro responsabilité, rentrer à pas d’heure sans s’inquiéter de « bébé réveil matin » qui sera debout trop tôt et multipliera pas 12 ta gueule de bois.
Il y a les nouveaux potes. Ceux, tout neufs, avec qui tu construis quelque chose parce que vous partagez des instants autour de la grossesse et des enfants (poke les copinautes); et ceux que tu retrouves parce qu’ils ont pris le même cap que toi et qu’ils construisent eux aussi une vie de famille. Avec eux c’est super, c’est différent. On parle toujours beaucoup de couches, des mômes, de rythme de sommeil et de nez qui coule.
Tu les aimes parce qu’ils sont rassurants, tu les aimes parce qu’ils te comprennent.
Et puis heureusement il y a aussi les potes avec qui rien n’a changé. Mais en fait eux ce ne sont pas des potes se sont des amis. Enfants ou pas, ils prennent le package. Ils peuvent aussi bien t’appeler pour une soirée foot, une grosse murge annoncée pour un anniversaire, ou pour prendre des nouvelles du bébé. Ils n’y connaissent rien en gamins mais ils font l’effort, ils s’intéressent, prennent des infos pour plus tard. Et toi tu les appelles pour savoir comment c’était la soirée à laquelle tu n’as pas pu assister parce que ton fils avait la gastro. Parce que quand on est parents on vit aussi par procuration les aventures de nos potes.
Ceux-là tu les aimes et tu sais qu’ils seront toujours là.

Alors toi, oui toi, et toi aussi, qui est tombé sur ce blog par hasard (ou pas !) et qui n’a pas encore d’enfants. N’oublie pas d’inviter ceux qui en ont aux soirées, c’est à eux de décider s’ils veulent venir ou non, s’ils sont trop crevés pour bouger leurs fesses sur le dancefloor ou s’ils tueraient père et mère pour trouver une baby-sitter et se joindre à vous !

Tous ensemble : "po polo popopo po"
Tous ensemble : « po polo popopo po »

Dans ton esprit ça ne part sûrement pas d’un mauvais sentiment, c’est juste la vie : on vient moins aux soirées c’est un fait, donc au fil du temps tu ne penses plus à nous… Au fond on ferait peut-être pareil à ta place. Mais ce n’est pas parce qu’on dit non deux fois de suite, ou qu’on est contraint d’annuler au dernier moment qu’on ne VEUT plus venir ou qu’on ne viendra plus DU TOUT.

Parce qu’au fond on est toujours les mêmes, un enfant ça ne change pas notre nature profonde, ça nous donne juste un peu plus de responsabilités (mais pas à cause du travail), de cernes (mais pas à cause des soirées), et de flemme (mais pas à cause de la gueule de bois).

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5 réflexions sur “Quand on est parents…

    1. Je pense qu’on change un peu, c’est inévitable, on a forcément de nouvelles préoccupations, mais elles ne portent plus sur les mêmes choses qu’avant, en tous cas pas uniquement, de nouvelles données s’ajoutent… Mais je ne pense pas que le changement soit fondamental, en tous cas pas pour nous. Je me sens toujours la même bonne vivante rigolarde j’ai juste un truc en plus et un petit (bientôt deux!) qui compte sur moi 🙂

      Aimé par 1 personne

  1. Salut Maman Chouquette,
    J’ai 29 ans, l’âge où beaucoup de mes amis commencent à être parents. Je me reconnais dans le rôle de l’amie nullipare indigne :-).
    Pas quand la grossesse est en cours non, mais après la naissance : parce que les jeunes parents ne parlent souvent que de leur bébé (ce que je comprends) et que si je m’y intéresse, je sens bien que je n’ai pas le répondant nécessaire, que je ne pose pas les bonnes questions… Clairement, je crois que les centres d’intérêts changent quand on devient parent et que c’est difficile de les partager quand on ne l’est pas : je peux écouter certes, mais je ne peux pas partager d’expérience sur les nuits, l’allaitement, l’accouchement… La distance s’installe peu à peu, mais (ô bonne nouvelle), j’ai l’impression qu’elle se réduit une fois la petite chouquette une peu plus âgée (vers 2-3 ans).
    Il faut y ajouter que beaucoup de mes amis jeunes parents ne répondent plus aux appels, très vaguement aux sms, refusent les trois quarts des soirées qu’on leur propose… Encore une fois c’est très compréhensible, je ne leur en veux pas du tout évidemment. Mais je crois que c’est compréhensible aussi d’avoir un peu moins envie d’appeler après s’être pris une bonne dizaine de vents 🙂
    Voir tous ses amis devenir parents peut carrément être une souffrance pour certains, je crois (ce n’est pas mon cas mais je sais que c’est le cas d’une amie à moi), surtout si on n’est pas en couple soi-même et/ou qu’on ne peut/veut pas avoir d’enfants.
    Enfin, c’est très très bête mais parfois je ne sais pas quoi proposer pour que les jeunes parents puissent venir (« une bière ? Ah bah non ils vont pas pouvoir sortir dans un bar avec la louloute. Une grosse soirée ? Ils vont devoir se payer une baby-sitter alors qu’ils sont ric-rac. Un dîner chez moi ? Mais comment ils vont faire dans le métro avec leur double poussette pour jumeaux?… » Etc. etc.)
    Bref, on peut avoir peur de déranger, sentir qu’on est passé au second plan, avoir l’impression de ne pas tenir la conversation qu’on devrait, se dire qu’on a vraiment une vie minable à côté, ou tout simplement se laisser bouffer par les considérations pratiques… Ça n’excuse pas les amis en carton qui te laissent tomber du jour au lendemain, mais ça peut expliquer que les autres appellent un peu moins.
    Voilà, c’était juste un avis de l’autre côté de la barrière, mais votre billet m’a fait réfléchir sur le comportement que je peux avoir, j’espère que mes amis parents n’ont pas l’impression que je les laisse tomber 🙂

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    1. Je suis très contente d’avoir un témoignage comme le tien.
      Déjà, je n’inculpe pas du tout les nullipares hein, ce n’est pas le but. J’ai conscience que c’est un changement autant pour nous que pour nos amis, qu’ils aient eux-mêmes des enfants ou pas d’ailleurs, que de voir un couple qui débarque à présent avec sa marmaille. On se rend bien compte aussi que ça ne part surement pas d’un mauvais sentiment de la part de nos amis mais peut-être que comme tu dis ils ne savent tout simplement pas quoi nous proposer. Heureusement on invite pas mal, on a en notre défaveur le facteur éloignement en plus du facteur mômes mais on arrive à voir ceux qui comptent régulièrement. Mais en effet je comprends que quand tu invites 12 fois qu’on te dit non à chaque fois mais qu’il n’y a aucune invitation ou solution en retour, ce doit être gonflant.
      En tous cas tu es visiblement bienveillante avec tes amis et rien que ça je trouve ça hyper touchant. Je suis contente que ce billet te fasse réfléchir, ton commentaire me fait aussi prendre conscience de pas mal de choses 🙂
      Merci 🙂

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