#jesuischarlie

Ça devait être une journée ordinaire, ni meilleure ni pire que les autres. J’étais accaparée par les tracas du quotidien, des résultats d’analyses pas terribles, un sèche-linge qui avait inondé le cellier, un panier de soldes impossible à valider… la vie en somme.

Et au retour de la crèche, un tweet, puis deux, puis dix. Les bras m’en tombent, les larmes me montent aux yeux, comment des Hommes peuvent-ils faire ça ?

J’ai passé mon après-midi à cogiter, à faire défiler ma timeline, des propos « comme si de rien » qui alternent avec des commentaires de gens choqués. Et je gardais une question en tête, « pourquoi » ? Suivie très vite par une deuxième question, « comment » ?

WnsD_Gja

Petit Chouquette allait se réveiller de sa sieste et j’allais devoir lui expliquer. Comment lui expliquer que sa maman était sous le choc et pourquoi ? Lui expliquer pourquoi j’étais triste, bouleversée, c’était tout ce que je pourrais lui dire aujourd’hui. Parce que les mots me manquaient et parce qu’il est trop petit.

Puis pendant qu’il prenait son bain ce soir, je me suis mise à réfléchir, en regardant ses sourires innocents et ses fossettes se creuser sur ses joues pleines de mousse.

J’ai pensé  « un jour je lui expliquerai ». Je lui expliquerai que maman bloggue parce qu’elle est libre, libre de s’exprimer. Que la liberté d’expression est précieuse et que ce mercredi 7 janvier des gens qui la défendaient sont morts injustement.

Alors en le sortant du bain je l’ai serré très fort contre moi, plus fort que d’habitude. Il s’est laissé faire au début, puis il s’est débattu. Il a pris mon visage entre ses petites mains, avec son air interrogatif.  En lui plantant un bisou sur le front, j’ai prié. J’ai prié je ne sais quel dieu, pour que Petit Chouquette garde foi en la bonté humaine, comme sa maman. Et j’ai prié pour qu’il soit, lui aussi, un homme de conviction.

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4 réflexions sur “#jesuischarlie

  1. Je suis comme toi aneantie, baignant dans cet état d’incompréhension. Et comme toi je me suis réfugiée dans les bras de mes enfants, les calinant toute la journée, me rassurant avec leur insouciance. Quelle triste journée.

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