Le Péril Jeune

On s’était données rendez-vous devant l’IUT, ce même IUT Métiers du livre où nous avions fait nos armes, quelques années plus tôt.
Je fumais ma clope, à l’ancienne, sur le parvis. Elle a crié mon prénom, j’ai levé la tête et là je l’ai vue.

Agitant les bras, elle s’apprêtait à allumer une cigarette elle aussi, un café fumant posé à côté d’elle. Le sourire jusqu’aux oreilles, ses cheveux blonds retenus par une pince, elle était belle, elle avait l’air épanoui. J’ai souri. J’ai grimpé les escaliers quatre à quatre en lui disant un truc bidon, je l’ai prise dans mes bras. Ou elle m’a prise dans ses bras, je ne sais plus très bien. Mais je sais que je l’ai serrée fort.
« C’est quoi cet accent?! T’as trop l’accent bordelais maintenant! T’as pas changée! »
5 ans. 5 putain d’années qu’on ne s’était pas vues. Et nous étions mamans, toutes les deux. On a parlé de nos mômes, histoire de ne pas saouler les autres ensuite. Tout en parlant, nous avons marché, direction Gare Saint Jean.
Le quais 6. Le train est arrivé, des dizaines de personnes sont descendues, puis nous l’avons aperçue.

« Elle est trop belle! » On s’est approchées d’elle pour l’embrasser. « Mon comité d’accueil! ». Elle était radieuse. Ses cheveux bouclés avaient drôlement poussés, ils me donnaient envie de passer mes mains dedans. Elle avait son gros sac à dos de rando, prête pour une nouvelle aventure. On a commencé à se raconter nos vies, comme au bon vieux temps, en quittant la gare. Nous sommes retournées près de l’IUT, pour faire un tour sur l’Escale du livre, puis nous avons pris place sur la terrasse du café où nous allions déjà, 5 ans plus tôt. J’ai reçu un message. « Je ma gare et j’arrive ». Elle était là toute proche, la quatrième. La petite bande allait être (presque) au complet. « Elle est là-bas! » J’ai tourné la tête, et je l’ai vue.

Sa jolie bouille. Un anneau dans le nez, son rouge à lèvre grenat, un blouson en jean vintage et un sac improbable sur l’épaule. Elle semblait tout droit sortie du Péril Jeune. Elle nous a toutes embrassées « ça me fait trop plaisir de vous voir, là, toutes les trois. »
Moi aussi. Tellement. 

On a bu des bières, on s’est racontées nos vies (encore). On a bu du vin en évoquant nos souvenirs. On a bu des mojitos et on a parlé de l’avenir. On a mangé un Coluche Kebab… mais on avait vraiment la dalle donc on n’a pas beaucoup parlé à ce moment là. Et on a bu des bières et du vin chez Le Pépère, en refaisant le monde. Et on a aussi beaucoup, mais alors beaucoup, parlé de cul.

Il en manquait une, une qui fait sa vie à Toronto. Elle a un port de tête légendaire, elle « vomit » régulièrement ses lentilles de contact, ma Chouchou, ma frisée. Mais elle était avec nous, omniprésente, elle a participé à chaque souvenir.

C’était nos retrouvailles, notre Péril Jeune à nous… mais dans des conditions plus sympa.
Elles sont pourtant des filles, et je n’aime pas les filles. Mais de les revoir, de découvrir quelles femmes elles sont toutes devenues, j’étais heureuse, je me suis sentie à ma place.

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